Le grand chantier - un rêve d'enfant

Plus jeune, je faisais souvent ce rêve où je me trouvais avec tous mes oncles et mes cousins sur un même chantier, à bâtir une maison. Tous mes cousins et moi étions leurs helpers, leurs manœuvres ou encore comme on le disait à l'époque, un peu leurs esclaves 😅. Je charriais des blocs et utilisais la bétonnière pour mélanger du béton en y lançant des pelletées de gravier, de sable et de ciment. Je chignais, je me plaignais, mais dans le fond, ça ne me dérangeait pas tant. J'étais heureux sans le savoir.

J'aimais nous voir tous ensemble, heureux de travailler et de mettre nos efforts vers un même but, pour réaliser un même objectif. Ce n'était pas clair de quelle maison il s'agissait dans mon rêve, mais je crois bien que c'était celle de mes grands-parents.

Dans ce rêve, je voyais tous les traits de caractère de mes oncles transcendés. Ils parlaient fort et se plaignaient souvent de la vitesse d'exécution de leurs manœuvres. Cela me faisait bien rire.

Ah que je trouvais l'énergie qui régnait sur ce chantier agréable.
Ah que j'aimais être entouré de toute ma famille.
Les sentir proches, c'était comme avoir un super bouclier magique. Comme si rien ne pouvait m'arriver.
Ce sentiment était galvanisant.

J'ai vu quelque part que la définition de l'amour, c'est donner à quelqu'un le pouvoir de vous détruire tout en ayant confiance qu'il ne l'utilisera jamais. C'est choisir la vulnérabilité plutôt que l'armure, l'espoir plutôt que la peur et la foi plutôt que le doute.

J'ai choisi très jeune de voir et penser la famille un peu de cette manière-là. Probablement avec l'éducation de mes parents et au profond ressenti que ce rêve laissait en moi. J'ai toujours considéré la famille comme le premier pilier fondamental de mes valeurs. Je souhaitais, et je souhaite toujours, partager ces sentiments si chers à mes yeux avec mon fils et les autres membres de ma famille.

Ces sentiments sont si réconfortants. Ils sont comme un phare qui éclaire même là où la lumière ne se rend plus. Ils sont la base, la base de presque tout dans la vie, vraiment !

Quand je me réveillais de ce rêve, je me sentais si bien, si paisible, tellement en paix.

Même si, plus jeune, j'ai pu travailler avec bon nombre de mes oncles comme manœuvre, je n'ai jamais vu un tel chantier. Reste que ce rêve était si vif dans mon esprit qu'il me semblait bel et bien réel.

Nos souvenirs d'enfance embellissent souvent les paysages de notre mémoire, améliorent le goût des mets et des repas que nous avons savourés il y a longtemps déjà. Cependant il arrive parfois, seulement parfois, qu'ils restent complètement intacts, inchangés et vrais. C'est le cas pour moi avec ces sentiments : ils sont gravés en moi, dans mon ADN.

Je garde ce rêve parmi les plus beaux que j'ai faits et dont je me souviens.

À nos familles.

Ricardo Da Fonseca




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