les maringouins et la prise de risque

J'écris ce post dans un parc au bord du canal de Chambly à la brunante, avec en face de moi un coucher de soleil orange feu.

Pour compagnie, j'ai les oiseaux qui gazouillent autour et des centaines de maringouins que je sens bien, bien contents de ma présence. Certains se risquent à venir sur moi. Certains repartent tout heureux, gorgés de leur butin, et pour d'autres, c'est la fin de leur vie.

On croirait qu'avec l'expérience, le temps et les connaissances sur les dangers de venir chercher leur repas sur des humains, l'idée qu'il faudrait privilégier les animaux - idéalement les plus lents - se serait répandue à travers tous les maringouins du monde.

Mais non, il n'en est rien : ils sont là à risquer leur vie tous les jours, au lever et au coucher du soleil pour récolter quelques gouttes de nôtre sang.

Cela me fait réfléchir sur la prise de risque. En règle générale, il est assez rare que je sois enclin à en prendre, sciemment en tout cas, et surtout quand il est question de vie ou de mort !

La relation entre prise de risque et succès est souvent revendiquée de nos jours. Personnellement, je n'en suis pas convaincu. Du moins, pas pour la prise de risque à laquelle on pense par défaut. Par exemple :
J'ai tout misé sur ma carrière.

J'ai placé tout mon capital dans des actions ultra-volatiles.

J'ai vendu tous mes biens pour démarrer mon entreprise de vente d'escargots.

La vie offre un rythme des plus effrénés. Jamais nous n'avons été aussi mis à partie pour ce qui est de l'efficience, de l'optimisation et de l'automatisation dans à peu près toutes les sphères de nos vies.

Sous le parapluie du progrès, nous visons à 200 km/h et nous prenons des risques avec une ampleur bien trop élevée, très souvent non calculés et parfois même à notre propre détriment et à ceux que nous aimons.

Et si le plus grand des risques était de mettre notre vie en pause ? 

C'est risqué, car cela sous-entend de se rendre des plus vulnérable. Il n'est pas facile, quand le train des gens autour de nous roule à vive allure, de décider, au moins pour un temps, qu'on ne peut plus suivre et qu'il faut arrêter notre locomotive.

Je me dis que, parfois, même si ça ne fait aucun sens sur le papier. S'arrêter c'est peut-être la meilleure manière d'avancer. Seul le temps pourra réellement en juger ...


Ricardo Da Fonseca



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